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On fabrique des souvenirs

...Des bons autant que possible.

Reflexion sans conclusion sur les souvenirs des enfants. Pas mal de racontage de vie. Mes espoirs pour mes propres enfants. Et des trucs à l'eau de rose...

Personnellement, je n’ai que des mauvais souvenirs de ma petite enfance.

rhooo le pov’ chou. Sa glace est tombée par terre quand il était petit.

…Non pas qu’elle ait été mauvaise (mon enfance, pas ma glace). Simplement, ma mémoire préfère supposément les mauvais moments. Mes souvenirs les plus lointains remontent à la maternelle quand un enfant me volait ma place en classe en me disant “qui va a la chasse perd sa place” (maudit sois-tu Julien T. !), ou qu’un autre me cassait mes lunettes en riant (Maudit sois-tu Alexandre B.). Des images de ma mère qui me gronde, mon père qui me fait un regard noir. Ma surprise quand ma mère m’apprend que j’ai moi aussi été un bébé un jour (j’étais persuadé d’être né directement à 4 ans). Mon impuissance quand elle pleure à bout de nerfs parce que je casse une bouteille de sirop sur le carrelage. Mon père qui vient dormir avec moi suite à une grosse dispute. Ma sœur qui hurle sa peur de ne plus jamais revoir sa maman quand il nous annonce qu’elle part. Mes cousines battues par leur père. Et deux trois autres petits trucs comme ça tout aussi fun.

On va pas sortir les violons pour ça.

Ce que je veux dire, c’est que je suis persuadé d’avoir eu de bons moments avec ma famille, mais tout a disparu. Ne reste que le négatif. Et plus le temps passe, plus ce phénomène s’étend au reste de mon enfance.

Alors quoi ? Quand je serai vieux, j’aurai l’impression d’avoir eu une belle vie avec les souvenirs d’une vie de m**** ? Ou pire. L’impression d’avoir eu un vie de m**** ?

Quoi que j’apporte à mes enfants aujourd’hui, ils ne garderont que le pire ? Et donc que le pire me concernant ?

Encore faudrait-il que tu sois parfois bon !

Tout n’est pas mauvais dans ma mémoire de poisson rouge malheureux. Mes premiers souvenirs vraiment joyeux remontent à l’époque du collège.

Et aller…. racontage de vie…

Ma vie y était clairement mauvaise. Je ne suis pas étonné de n’en garder que du négatif. A l’époque mes parents étaient séparés et la situation était un peu compliquée, j’étais brutalisé à l’école, j’avais peu d’amis, j’étais très mal dans ma peau et j’étais le weirdo de l’école.

Pourquoi tu parles au passé en fait ?

Est arrivée ma sœur benjamine qui a éclairé cette période bizarre de ma vie ! Une toute petite fille et la seule vraie chose positive que je retiens de toute mon adolescence.

Bien entendu, c’est parfaitement subjectif. J’étais très aimé de mes parents. Mais comme tout ado, je les trouvais trop sévères. J’étais très aimé de ma sœur cadette mais j’étais souvent en conflit avec elle. Et quand on est ado, on a des œillères. (Je prends des précautions au cas où elles me liraient : Aujourd’hui j’aime mes deux sœurs de tout mon cœur. A part égale 🥰)

De ce que je me rappelle, Cette petite était tout pour moi. Elle était souriante, innocente, simple et heureuse. Et je crois qu’elle m’aimait sincèrement. J’avais l’impression d’être important pour elle. De faire partie des choses qui la rendait joyeuse.

J’avais un rôle réel dans la vie de quelqu’un. Pour la première fois, j’avais une vraie responsabilité.

Elle est arrivée à un moment où j’avais besoin d’un repère et a pris une place particulière dans ma tête et dans ma vie. Elle y a donné un genre de sens. Comme une mission.

Dès la fin du collège je m’étais alors fixé un objectif : Faire des enfants à mon tour pour rendre ces petits machins heureux. Pour servir à quelque chose. Pour aimer autant que j’ai pu aimer ma toute petite sœur.

Vocation sans doute poussée légèrement par mon père qui m’a réclamé régulièrement des fils tout au long de ma vie afin que notre nom de famille perdure. (il est branché généalogie 😉).A l’époque ça me semblait important. Plus tard, sans doute par esprit d’opposition inconsciente, je voulais des jumelles.

J’ai immédiatement acheté un maison et sacrifié volontiers une grosse partie de ma jeunesse à la rénover pour être sûr de pouvoir les accueillir le plus tôt possible dans de bonnes conditions. Ma vie était déjà rythmée par mes futurs enfants avant même qu’ils n’arrivent. Leur arrivée n’a jamais été un choc ou surprise. C’était juste attendu et bienvenu.

A la naissance du premier, je me souviens d’ailleurs de ce sentiment bouleversant en le tenant dans mes bras à son premier souffle. L’impression que ma vie commençait enfin. Que tout n’avait été qu’une préparation avant ça.

Maintenant je les ai depuis 10 ans et 2 ans! Mon seul objectif dans la vie, c’est de leur fabriquer des souvenirs. Des beaux. Je veux qu’ils se retournent sur leur enfance dans 30 ans et se disent : C’était vraiment bien d’être enfant.

Rholalaa.. Mais sans déc**ner. C’est quoi ce gars. Il veut nous faire croire qu’il ne vit que pour ses gosses. T’es comme tout le monde mec. Ne te fais pas d’illusions.

… Alors oui. Je précise. Je pense bien-sûr à moi. Comme tout humain égoïste. Et je fais attention de ne pas me mettre de côté. Je pense que le seul moyen de faire des enfants heureux, c’est d’être heureux soit même.

Je fais donc attention de m’écouter. De ne pas me sacrifier pour eux. Et au lieu d’essayer d’assouvir mes ambitions en plus d’avoir des enfants, j’inclue mes enfants dans mes ambitions. Ils font partie de chacun de mes projets.

Et je ne pense de toutes façons pas qu’il soit possible d’être un parent parfaitement dévoué. Même pire, il faut à mon sens être imparfait. On est obligé d’être un peu absent, triste, en colère. On ne peut pas apprécier ce qu’on a si on l’a perpétuellement et à volonté. On ne peut pas devenir un adulte équilibré sans connaître tout le spectre des émotions.

Parce qu’au delà de fabriquer des souvenir, on fabrique surtout des futurs adultes pour mettre les souvenirs dedans.

Et tu penses que tu y arrives ? Je déteste les parents qui donne des conseils aux autres parents… De quoi je me mêle.

En fait moi aussi j’ai toujours trouvé ça insupportable. Ces parents qui ont des enfants et qui pensent tout savoir parce qu’ils ont eu un enfant quelques décennies, voir quelques années avant vous.

J’ai moi-même fait ça parfois. Jusqu’à l’arrivée du second et que je comprenne que je ne sais en fait rien. Tout est à réapprendre pour chaque enfant.

Je ne suis pas un parent accompli. L’est-on jamais ? Je n’ai pas le recul pour savoir si j’ai utilisé les bonnes méthodes. J’ai peut être fait d’eux des futurs sociopathes meurtriers. Je ne pourrai le savoir que dans 10 ans, 20 ans, 40 ans. D’un autre côté, serais-je responsable de ce qu’ils feront dans 20 ans ? Si l’un d’eux frappe son patron en public un jour, est-ce parce que je leur ai mal appris à gérer leurs émotions ? Ou bien parce que leur patron est vraiment un c** qui les a poussé à bout ? Un peu des deux ?

Alors.. C’est bien beau de raconter tout ça. Mais maintenant il faut structurer un peu. Je veux des sections, des sous parties, des titres et surtout une conclusion !

Ha oui tout à fait d’accord. Surtout une fin.

Si j’écris aujourd’hui, c’est pour …

En fait, je ne sais pas pourquoi j’écris tout ça.

Ce n’est pas pour donner des conseils ou décrire mon expérience. Mon expérience ne s’applique qu’à mes enfants et ne servira à personne.

C’est peut être pour pouvoir gonfler le torse, mettre mes lunettes de soleil et vous détailler à quel point mes enfants sont formidables. Mais d’un autre côté, je sais qu’ils ne le sont pas grâce à moi. Ils le sont. C’est tout. Du coup, je ne sais pas vraiment pourquoi on est là.

Peut être que j’ai juste envie de laisser une trace quelque part de la fierté que j’ai d’avoir accompli quelque chose de plus grand que moi. D’avoir fait des garçons qui sont bien au delà de ce que j’imaginais. Qui m’ont apporté bien plus que ce que je ne leur ai jamais donné. Qui arrivent à se construire une vraie personnalité malgré ma totale improvisation en tant que parent. Des garçons qui ont bien plus d’importance pour mon propre équilibre que moi pour le leur. Des enfants que je cauchemarde souvent de voir souffrir un jour. Des enfants qui pardonnent mes erreurs, et même arrivent à s’en nourrir de façon positive. Des enfants que j’ai encouragés, poussés, voir forcés (à regret) à prendre leur envol à chacune des petites étapes de leur petite vie. Poussés à être créatifs, rêveurs. Des enfants qui se détachent de façon perceptible et progressive de moi, pour se diriger vers les adultes qu’ils seront. Des adultes bien meilleurs que je ne l’ai jamais été et que je ne le serai jamais. Des adultes qui ont grandi avec mes valeurs et qui y auront apporté leurs propres valeurs. Des adultes qui feront le tri dans ce que j’ai de bon et de moins bon à leur donner et n’en garderont que le meilleur. Des adultes qui se souviendront de tous les moments où je les ai fait souffrir. Qui comprendront que j’essayais de faire de mon mieux en découvrant le métier au fur et à mesure. Qui me pardonneront. Comme moi j’ai pardonné à mes parents. Car je sais qu’ils m’ont aimé autant que moi j’ai aimé mes garçons. Aimé à en avoir le vertige.

Aimé à espérer pouvoir leur glisser quelques bons souvenirs.

[kof][kof]. Pardon, j’ai bu mon eau de rose de travers.

Ha mais ça fini comme ça en fait.

Oui. Je voulais juste noter ça quelque part.

Merci d’avoir pris le temps de me lire.

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